Les inégalités s’accroissent

ll faut changer de logiciel économique !

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Les ministres du gouvernement d’Élisabeth Borne détiennent un patrimoine moyen de 1,9 million d’euros. Une majorité d’entre eux figure dans les 10% des Français les plus riches. Et ce n’est qu’un exemple !


Le PIB — produit intérieur brut — est constitué de la richesse produite par ceux qui travaillent ou participent à la société… Plus le PIB augmente et plus les classes moyennes rejoignent les catégories pauvres, et plus les riches accumulent des richesses dites « patrimoine » concentrées sur quelques-uns, l’héritage étant un outil de concentration.

Les patrons des entreprises du CAC 40 touchent chacun et en moyenne 7,4 millions d’euros par an soit 360 SMIC ! C’est là que le ruissellement se produit : vers le haut !

Le captage des richesses par les plus riches n’est pas une question d’intelligence, mais une réalité économique capitalistique. La richesse des milliardaires français a été multipliée par trois entre 2007 et 2017 ! Et la France est le pays d’Europe qui a le plus fortement rémunéré les actionnaires, avec des personnes comme le patron de Total, Patrick Pouyanné, dont la rémunération annuelle se monte à 6 millions d’euros, ou avec le plus riche d’entre eux, Bernard Arnault, deuxième fortune au Monde et propriétaire du groupe de luxe LVMH.


Ce constat est-il une fatalité ?

L’impôt qui pèse sur les ménages en 2021 est de 19,5%, alors que celui qui pèse sur les entreprises s’élève à moins de 16%. En 2011, la balance était équilibrée avec une participation d’un peu plus de 16,5% chacun. La différence de 3,5% en 2021 fait que les entreprises affichent une moindre participation à l’impôt et donc aux dépenses de l’État qui fait fonctionner l’ensemble des services publics. Cet argent « non dépensé » finit dans la poche des actionnaires…

En 2021, la richesse du pays calculée sur le PIB a progressé de 8,1% en un an, mais pas les salaires ni les pensions : il faut donc bien que quelqu’un en profite !

En 2019, on compte en France 2,4 millions de millionnaires ! Et cette même année, les 10% de Français les plus riches possèdent 46% de la totalité du patrimoine, quand les 50% les plus pauvres n’en ont que 8%.

20% des individus les plus aisés ont un niveau de vie moyen 4,4 fois plus élevé que le niveau de vie des 20% des individus les plus pauvres.

Bertrand Jacquillat, vice-président du Cercle des économistes, se lâche avec honnêteté dans une interview :

— Question : « Vu le contexte actuel, pensez-vous qu’augmenter les salaires soit la meilleure solution pour booster la compétitivité ? »

— Réponse : « Non, je ne le crois pas. Si vous favorisez les salariés, ce sera au détriment des actionnaires ! ». Tout est dit !

À ce sujet on apprend aussi par les déclarations faites à l’occasion de la transparence de la vie publique que l’ensemble des membres du gouvernement figure dans le 1% de Français les plus fortunés avec en moyenne 1,9 millions d’euros de patrimoine, l’équivalent de 100 années de SMIC !…

Pas étonnant que les revendications de ceux qui comptent leurs sous ne soient pas entendues ni comprises ! Ces gens sont d’un autre Monde !


7,6% de la population vit sous le seuil de pauvreté fixé à 50% du niveau de vie médian, soit 940 euros par mois pour une personne seule en comptant les prestations sociales.

En 2021, selon la Fondation Abbé Pierre, 300 000 personnes étaient sans domicile ! Lors du décompte d’août 2022, la moitié n’avait trouvé qu’un toit très précaire, en hébergement d’urgence ou à l’hôtel !

Entre 2 et 4 millions de personnes font appel à l’aide alimentaire, selon l’estimation la plus prudente de l’Insee.

Les revenus des plus pauvres sont très inférieurs au seuil de pauvreté de 940 euros : ils se résument souvent aux 500 euros procurés par le RSA, voire encore moins puisqu’une partie des citoyens (dont les jeunes de moins de 25 ans sans ressources) n’ont droit qu’à un montant plus faible ou… à rien, comme la moitié des inscrits au chômage !

Les milieux populaires sont beaucoup plus concernés : 60% des pauvres sont ouvriers ou employés. 80% des pauvres ont au mieux le baccalauréat. Certes, il peut arriver que des cadres passent sous le seuil de pauvreté, mais cela ne concerne que 2% d’entre eux, contre 10% des employés.

Alors, on continue ? Ou on ne s’abstient pas, quel que soit l’élection, pour ne pas laisser la main à ces riches en bande organisée qui pillent le pays et appauvrissent les citoyens ?

Références : Rapport annuel sur l’état de la France en 2022 — Wikipédia — Vie publique — Observatoire des inégalités — Forbes — Capital — L’Humanité Magazine — Le Parisien.