Pavé de bonnes intentions… comme l’enfer !}
Le rapport de la députée Anne-Laure Cattelot a été rendu public le 17 septembre. Nous en proposons ici une première analyse.
Ce rapport s’appuie sur des constats alarmants pour n’insister que sur un seul levier : la généralisation des reboisements artificiels et l’augmentation des prélèvements de bois pour résoudre les problèmes liés au changement climatique !
D’autres réponses sont envisageables et quelques pistes sont négligées ou insuffisamment détaillées :
Renforcer la recherche et réunifier l’ensemble des services en charge de la forêt : oui !… Mais dans quel cadre ? Avec quel statut ? Avec quels moyens humains et financiers ? Et avec quel cadre d’emploi pour les personnels ?
Créer une Agence Nationale de la Forêt ? Ce n’est qu’une réponse imparfaite à l’état actuel de délabrement des services en charge de la forêt ! Cet état, de plus, n’est qu’une conséquence des politiques austéritaires qui ont laminé les effectifs tant au ministère de l’Agriculture (et ses services déconcentrés), qu’à l’ONF, à l’IFN ou encore dans les CRPF !
La tutelle du ministère de l’Agriculture ne répond pas aux critères de gestion sur le long terme applicables aux espaces forestiers ! Chaque fois, les préoccupations du monde agricole priment sur celles de la forêt : la réponse insuffisante à la crise sanitaire de l’été 2019 et à ses dépérissements en masse en est un exemple flagrant.
Pour la CGT-Forêt, il faut un véritable MINISTÈRE DE LA FORÊT ET DES ESPACES NATURELS qui prenne en charge toutes les problématiques de prévention et de lutte contre les risques découlant des dérèglements climatiques (inondations, glissements de terrain, incendies…)
Ce ministère, agissant en lien avec les territoires, doit être doté de personnels fonctionnaires habilités à remplir les missions de police et d’intérêt général, et d’agents de l’État planifiant les actions sur le long terme. Les moyens financiers correspondants se devant bien sûr d’être à la hauteur !
Le renouvellement par reboisement artificiel n’est pas la seule solution aux problèmes sanitaires qui se multiplient : il ne devrait être mis en œuvre qu’en complément d’autres modalités comme la futaie irrégulière à couvert continu, la régénération naturelle assistée ou la libre évolution…
Un Fonds National pour la Forêt ? Très bien, si celui-ci permet de renforcer la recherche et les services en charge de la forêt ! Mais moins bien s’il se résume à une manne à la seule disposition des pépinières, des entreprises de reboisement et des industriels de la filière… au détriment d’un tissu local d’entreprises artisanales qui demandent des moyens pour se moderniser et qui proposent d’autres modes de développement…