Pour l’intérêt général, il est impératif de renforcer le service public

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Déréglementations et réformes se succèdent pour les politiques publiques dans une ambiance de néo-libéralisme décomplexé : elles vont pourtant à rebours des besoins des populations. Les mesures d’austérité privent les services publics des moyens de financement nécessaires. Il est donc urgent de réhabiliter la notion d’intérêt général et de retrouver des services publics à même de satisfaire les droits et les besoins fondamentaux des citoyennes et des citoyens.

La raison d’être du service public

La raison d’être du service public est la satisfaction de l’intérêt général, la promotion des biens communs, le développement humain durable et la recherche du progrès social. Il est garant de la cohésion sociale, de l’amélioration des conditions de vie et d’intégration des populations.

Les droits fondamentaux

Les services publics doivent répondre aux droits fondamentaux : l’éducation et la formation, l’action sociale et la santé, l’emploi décent, la justice et la sécurité, le logement, les transports, l’énergie et l’eau, l’information, la culture et la communication.

La qualité du service public repose sur trois fondements : l’égalité d’accès et de traitement, la continuité sur l’ensemble du territoire et l’adaptabilité en lien avec le progrès technique et l’évolution des besoins des usagers.

Les attaques, ça suffit !

Depuis la révision générale des politiques publiques (RGPP) — qui se poursuit avec la politique dite de « modernisation de l’action publique » et la réforme territoriale — les attaques se sont multipliées : ouverture du capital, organisation des entreprises publiques calquée sur le modèle privé voire privatisation, affaiblissement des statuts particuliers de ces entreprises et du statut général des fonctionnaires, fermeture de nombreux services publics de proximité…

Depuis trop d’années, les politiques ont privilégié l’austérité sur les budgets du service public tout en distribuant les richesses à ceux qui ne les créent pas : les plus riches, les grands patrons et les actionnaires. À quel prix pour la très grande majorité de la population ? Pouvoir d’achat en berne, immense perte d’espoir, chômage, discriminations, exclusion, sentiment d’injustice, peurs exacerbées, violences urbaines : tout cela constitue le terreau de l’extrême droite.

Le Service Public devient « Services aux publics », les usagers deviennent des « clients » qui n’y auront accès que s’ils ont le bon compte en banque, le bon patronyme, le bon lieu de naissance et de résidence, le bon statut familial.

Le service public doit être un choix de société…

Face au manque cruel d’investissements, aux suppressions de postes, aux salaires bloqués, aux multiples réformes contre le statut de la Fonction Publique, il est temps pour les politiques de changer de cap.

Pour la CGT, l’organisation et la gestion des services publics doivent sortir des logiques du marché. Les services publics ne doivent plus répondre à des objectifs fixés au travers des critères de profit, de rentabilité et de compétitivité ! Ils doivent répondre aux besoins des usagers avec un objectif affiché de coopération et de qualité.

Concrètement, cela doit se traduire par des moyens pérennes pour financer leurs dépenses de fonctionnement et d’investissement, par une plus grande autonomie de gestion dans le cadre d’orientations définies démocratiquement, par un développement solidaire des territoires et par la participation des usagers à la définition et à l’évaluation des services publics.

Il est également urgent de réindustrialiser la France pour répondre aux besoins des populations en favorisant les circuits courts, lutter contre la désertification des territoires — ce qui ne peut se faire sans services publics de proximité.

Si la dégradation des services publics constitue un terreau fertile pour l’extrême droite, leur amélioration, l’horizon d’universalité et de solidarité qu’ils portent y sont un antidote.

…Mais l’inquiétude persiste !

De nouvelles attaques se confirment à l’annonce du budget 2025 : le gouvernement Barnier prévoit 2 200 suppressions de postes dans la Fonction Publique, dont 1 200 pour les ministères et 1 000 pour les opérateurs. Ces derniers représentent plus de 400 organismes (dont l’ONF) auxquels est confiée une mission de service public et qui emploient plus de 400 000 personnes.

Et à l’ONF ?

Notre établissement n’est pas exempt de l’impact des politiques désastreuses menées depuis plusieurs décennies. Les différents contrats État/ONF ont apporté leurs lots de souffrance pour les personnels et pour la forêt :

  • effondrement des effectifs engendrant des charges de travail exponentielles, des objectifs inatteignables, un mal-être généralisé et la perte du sens du travail
  • arrêt du concours de fonctionnaires et recrutement de droits privés entraînant des inégalités salariales entre les personnels
  • fermeture du centre de formation de Velaine avec pour conséquence la perte de transmission de nos compétences et savoir-faire pourtant reconnus
  • intensification de la sylviculture et des prélèvements de bois délaissant les fonctions écologiques et sociales pourtant essentielles — la forêt multi-fonctionnelle est devenue la forêt usine
  • et la liste n’est pas exhaustive !

Il est grand temps d’inverser la tendance et de mettre en place un vrai service public forestier et une politique forestière ambitieuse pour répondre aux besoins de la population, car la forêt doit être également un droit fondamental.

Mais là aussi, le gouvernement Barnier fait machine arrière : le projet de loi de finances 2025 prévoit pour l’ONF une baisse des effectifs à 7 851 ETPT (équivalents temps plein travaillés). Cette baisse comprend la suppression prévue au contrat État-ONF 2021-2025 de 95 ETP : cette réduction devait s’appliquer chaque année, mais elle avait été annulée pour 2023 et 2024. À suivre : l’intersyndicale a préparé un amendement au PLF pour contrecarrer cette mesure.