Les fondements de la CGT et l’internationalisme syndical

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Très tôt le besoin de faire converger les luttes sur le plan international s’est fait jour au sein des premiers syndicats.
Si la Confédération générale du travail (CGT) a été fondée le 23 septembre 1895 au Congrès de Limoges, elle a été précédée 30 ans plus tôt par d’autres associations.
Le 25 mai 1864, la Loi Ollivier supprime le délit de coalition et de grève abrogeant ainsi la Loi Le Chapelier qui, 2 ans après la révolution française bourgeoise en juin 1791, interdit les associations, les grèves et tout ce qui y ressemble. Cette même année 1864, est créée l’Association internationale des travailleurs (AIT) dite Première Internationale, fondée à Londres en septembre 1864. Très rapidement, la principale revendication de ses membres est de pouvoir créer des syndicats ouvriers.
Le premier Congrès de l’AIT, réunissant soixante délégués de France, d’Angleterre, d’Allemagne et de Suisse, se réunit à Genève en septembre 1866. (Photo : la parité n’est pas encore d’actualité ...)
L’AIT est la première tentative pour rassembler l’ensemble des composantes du mouvement ouvrier au niveau international, mais la guerre de 1870 provoquée par la Prusse la fera disparaître en 1876.
Le 14 novembre 1869, Eugène Varlin (militant socialiste et libertaire, membre de la Première Internationale et de la Commune de Paris, fusillé à Paris par les Prussiens le 28 mai 1871), délégué de l’AIT et président, avec Nathalie Lemel d’une Société d’Épargne de Crédit Mutuel des Relieurs, créent la Fédération Parisienne des Sociétés Ouvrières autour de la Société de Solidarité des Ouvriers Relieurs de Paris préexistante. C’est le noyau parisien de la future CGT nationale.
En 1880, Jules Ferry est l’initiateur d’un projet d’autorisation de syndicats d’ouvriers et de patrons.
Le 21 mars 1884 une Loi légalise les syndicats professionnels ouvriers et patronaux à l’initiative de Pierre Waldeck-Rousseau. En 1886, la Fédération nationale des syndicats (FNS), d’inspiration guesdiste est créée (Jules Guesde, pseudonyme de Jules Bazile, 1845-1922, est un homme politique français, meneur socialiste et fondateur du Parti ouvrier français, premier parti ouvrier organisé de France). En 1892, se forme la Fédération des Bourses du travail. Ces 2 Fédérations seront fondatrices de la CGT en 1895.
En 1907 est créé le syndicat CGT des Commis et Préposés de France et d’Outre-Mer au Ministère de l’agriculture qui deviendra CGT-Forêt.
Après la disparition de l’AIT, l’Internationale ouvrière (1889-1923) rassemble à ses débuts des syndicats et partis politiques ouvriers. Cependant en 1896, après l’expulsion des anarchistes, la plupart des syndicats quittent l’Internationale ouvrière. En 1901 les syndicats allemands, belges, anglais et scandinaves créent un Secrétariat syndical international qui devient en 1913 la Fédération syndicale internationale (FSI). L’unité du mouvement syndical international dure peu, puisqu’après la Première Guerre mondiale en 1919 est créé en France la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC, syndicat de salariés français se référant lors de sa fondation à la doctrine sociale de l’Église. Depuis 1947, elle s’inspire de la morale sociale chrétienne de l’église). Les syndicats chrétiens créent en 1919 la Confédération internationale des syndicats chrétiens (CISC), et les communistes, les syndicalistes révolutionnaires et les anarcho-syndicalistes créent en 1921 l’Internationale syndicale rouge (ISR). Face à la bolchevisation de l’ISR après 1917, les anarcho-syndicalistes, en conflit avec les communistes, constituent en 1923 une nouvelle Association internationale des travailleurs. En 1937, l’ISR se dissout, et ses organisations entrent dans celles de la FSI, préparant la voie vers l’unité du mouvement syndical international, mouvement que la Seconde Guerre mondiale interrompt. La Fédération syndicale mondiale (FSM) est fondée à Paris en septembre 1945. Mais avec les débuts de la guerre froide, elle va vite exploser. Dès 1947, les syndicats américains (AFL-CIO) dénoncent la mainmise des communistes (interdits aux USA) sur la FSM. La rupture se produit à Paris en janvier 1949. La FSM sera expulsée de Paris par le gouvernement de René Pleven (4ème République aux ordres des USA suite au Plan Marshall) en janvier 1951, pour s’installer à Vienne, puis à Prague. Depuis la fin des démocraties populaires, elle vivote à Athènes. Sur ce sujet de la FSM il est intéressant de lire le compte-rendu d’un débat intitulé la CGT et la FSM organisé entre Alphonse Véronèse (ancien responsable international de la CGT) et Jean-Marie Pernot (chercheur à l’institut de recherches économiques et sociales : l’IRES) animé par Pierre Coutaz (conseiller confédéral de la CGT, conseiller de Bernard Thibault auprès de l’OIT - organisation internationale du travail). – 27 pages ; https://www.persee.fr/doc/rint_0294-3069_2018_num_112_1_1650 ) En 2006, lors de la tenue d’un Congrès à Vienne est créée la Confédération syndicale internationale (CSI) composée des membres : de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL créée en1949) ; de la Confédération mondiale du travail (CMT créée en 1949) ; de certains membres de la Fédération syndicale mondiale (dont la CGT française) ; et de l’immense majorité des centrales syndicale des anciennes démocraties populaires de l’ex-Union soviétique. En 2018 elle regroupait 207,8 millions de membres issus de 331 Confédérations implantées dans 163 pays. Les difficultés et conflits politiques ne cessent de rejaillir sur les évolutions des tentatives d’organiser une internationale syndicale mondiale efficace et active afin de réunir les organisations syndicales.

Références :
Force ouvrière (https://www.force-ouvriere.fr/histoire-le-syndicalisme-international#:~:text=L’Association%20internationale%20des%20travailleurs%20(AIT%20ou%20Ire%20Internationale),vont%20%C3%A9tablir%20des%20liaisons%20internationales. )
Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Syndicalisme/Le_syndicalisme_international ) - (https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9d%C3%A9ration_g%C3%A9n%C3%A9rale_du_travail )
Institut CGT d‘histoire sociale – FSM 1945-1979 (chrome-extension ://efaidnbmnnnibpcajpcglclefindmkaj/https://www.ihs.cgt.fr/wp-content/uploads/2024/07/2C8_FSM_IR_internet.pdf)