"Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce"

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CORINNE MOREL DARLEUX — Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce. Réflexions sur l’effondrementÉditions Libertalia, 104 pages — 10 €Parution : 6 juin 2019 / ISBN : 9782377290956 / 5,49 € au format numérique (epub)


Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce… C’est vrai : c’est le titre qui nous a tout d’abord accroché ! Mais il faut quand-même aller plus loin et tourner les pages, ça en vaut la peine !

Et puisque, décidément, ce numéro du Réveil Forestier ne rechigne pas à faire presque du plagiat, nous empruntons pour cet ouvrage la critique parue dans CAIRN INFO sous la plume de M. Monti-Labaudie :

Mars 1969. Alors qu’il est en passe de gagner la première course en solitaire à la voile autour du monde, le navigateur Bernard Moitessier change de trajectoire et décide de tout quitter pour s’installer sur une île du Pacifique.

Dans le sillage de ce marin et de son « refus de parvenir », Corinne Morel Darleux partage son regard sur l’effondrement de notre société.

Figure de proue de l’écosocialisme et repentie de la politique (elle fut secrétaire nationale du Parti de gauche), elle reprend le concept du « refus de parvenir » qui « n’implique ni de manquer d’ambition ni de bouder la réussite [mais] juste de réaliser à quel point ces deux notions gagneraient à davantage de singularité ».

Elle l’articule à deux autres idées clés. Le « cesser de nuire » d’une part : une invitation à arrêter de coopérer avec un système qui détruit les conditions d’habitabilité de la planète. Et la « dignité du présent » d’autre part, « ce qu’il nous reste de plus sûr face à l’improbabilité de victoires futures ».

Elle voit dans ce triptyque un « élément de réconciliation entre des univers qui n’en finissent plus de s’opposer : apôtres du changement individuel et partisans de l’action collective, communistes et écologistes, apolitiques indécrottables et moines soldats du militantisme […] pour peser comme corps social non organisé ».

Sans taire ses questionnements, Corinne Morel Darleux offre dans cet essai un regard aiguisé et poétique sur les enjeux de notre époque. Elle communique son enthousiasmante envie de s’engager, convaincue que « c’est aujourd’hui que l’après se construit ».