La Charte de l’environnement dans la Constitution… et pourtant

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Les représentants du peuple français ont adopté le 1er mars 2005 (il y a déjà plus de vingt ans !) une Charte de l’environnement inscrite dans la Constitution Française. Dans son article 2, elle stipule : « Toute personne a le DEVOIR de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. »

C’est bien ce devoir que les participants à la manifestation de Pau ( juin 2025) contre les projets E-CHO (production de kérosène à partir de bois) et Biochar (engrais à base de bois), situés dans les Pyrénées-Atlantiques, ont mis en œuvre. Et cela, alors que le gouvernement Bayrou et nombre d’élus de droite et d’extrême droite se détournent de cette obligation.

Les projets industriels menaçants : panorama national

5 projets actuellement en développement représentent une récolte supplémentaire en forêt comprise entre 1,2 et 1,3 Mm³/an, soit près des deux tiers du plafond fixé par la SNBC (Stratégie Nationale Bas Carbone) pour 2030 (1,9 Mm³/an).

Projet Localisation Approvisionnement prévu
E-CHO — biocarburants aviation et transport maritime (Elyse) Lacq (64) 300 000 t de matière sèche/an, soit potentiellement 500 000 m³ de bois
Biochar (Miraïa) Garlin (64) 135 000 t de bois brut/an, soit environ 135 000 m³
Centrale biomasse Gardanne (13) Approvisionnement actuel (bois local) : 83 000 t (en 2023). Approvisionnement supplémentaire (bois local) : 252 000 à 329 000 t/an selon les hypothèses — soit l’équivalent de 336 000 à 439 000 m³ supplémentaires
Usine de granulés de bois (Biosyl) Guéret (23) 130 000 t de bois brut/an, soit environ 130 000 m³
Usine de granulés de bois (EO2) Salins-les-Bains (39) 122 000 t de bois brut/an, soit environ 122 000 m³

Canopée Forêts Vivantes demande l’adoption d’un moratoire sur le développement des grands projets industriels : « Tant que la France n’a pas adopté une stratégie énergétique cohérente avec son objectif de préservation du puits de carbone et dans laquelle l’offre et la demande en biomasse forestière sont équilibrées, le développement de nouveaux projets industriels nécessitant plus de 20 000 tonnes de bois par an devrait être gelé. »

L’appel au-delà des projets pyrénéens

Cette manifestation doit être prise pour une mobilisation qui n’en est qu’à ses débuts : ce moment festif et revendicatif est un encouragement à poursuivre et amplifier le mouvement afin d’amener les promoteurs à renoncer à leurs projets destructeurs de forêts et aberrants pour l’environnement tant au plan régional que national.

C’est un appel aussi aux pouvoirs publics à arrêter de financer de tels projets. L’argent public serait mieux utilisé à recréer un véritable service public de la forêt doté de moyens humains en personnels fonctionnaires ! Il est nécessaire également que ce mouvement se coordonne plus fortement au plan national en reliant toutes les luttes en cours pour défendre nos forêts et plus généralement tout ce qui concourt à notre environnement.


Référence : « Bois énergie : la fin de la frénésie », Canopée Forêts Vivantes, juin 2025 :https://www.canopee.ong/wpcontent/uploads/2025/05/canopee-bois-energie-0625-pap.pdf