Mégabassines, biodiversité, protection des forêts

Où en sommes-nous ?

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Alors que l’année 2024 vient de se terminer, dépassant largement l’objectif fixé par la COP 2015 de Paris de +1,5 °C des températures sur la planète, et alors que les catastrophes climatiques se multiplient en France comme dans le monde entier (voir Mayotte), les dirigeants politiques montrent des signes inquiétants de renoncement dans la lutte contre le changement climatique.

Un recul généralisé des politiques environnementales

Après l’échec de la COP 2024 de Baku en Azerbaïdjan, il suffit de constater :

  • le recul du gouvernement dans l’interdiction des pesticides
  • la limitation des actions de l’OFB, gravement attaqué pendant les manifestations de la FNSEA ou de la Coordination Rurale durant l’automne (soutien à nos collègues lâchés par les pouvoirs publics)
  • la répression brutale des militants qui luttent contre les destructions de milieux naturels dans le cadre de l’A69 (Toulouse-Castres), de la LGV Sud Ouest (Bordeaux-Toulouse), contre les mégabassines à Sainte-Soline ou les fermes solaires qui s’implantent sur des terrains boisés et agricoles dans les Cévennes ou dans les Alpes du Sud

En Europe, une loi contre la déforestation votée en 2022 par le parlement européen prévoyait à partir de 2024 une obligation pour les industriels importateurs d’huile de palme, de soja ou de cacao de garantir que ces productions ne proviennent pas de destruction de forêts. Face à l’intense lobbying des industriels, son application a été repoussée d’un an, signifiant donc la possibilité de poursuivre le saccage de milliers d’hectares de forêt.

Des militants qui obtiennent des victoires

Face à ce bilan pessimiste, il convient de mettre en avant l’action de ces militants de plus en plus nombreux qui luttent contre tous ces projets néfastes pour l’environnement — au sein d’organisations, de collectifs ou d’associations qui, malgré la répression et les mises en cause judiciaires, obtiennent aussi des victoires : les Soulèvement de la Terre, Touche pas à ma Forêt, SOS-Forêt, Canopée et les sites d’information comme Reporterre, Bastamag, La relève et la Peste, Médiapart

La CGT — et particulièrement la CGT-Forêt — a toute sa place dans ces luttes qui s’inscrivent dans la recherche d’une alternative au capitalisme basée sur la défense de notre environnement, d’autres modes de production et un réel partage des richesses et des décisions avec des services publics soucieux de l’intérêt général. Aujourd’hui, l’unité s’impose à nous face à l’urgence de la situation politique, sociale et environnementale.


Communiqué de l’intersyndicale de l’OFB

Les agents de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), et notamment ceux chargés de la Police de l’environnement, connaissent depuis plus d’un an des attaques injustes et répétées, orchestrées par certains syndicats agricoles avec la bénédiction du gouvernement.

Bien qu’infondées, ces offensives ont reçu une écoute gouvernementale plus que bienveillante : à deux reprises le premier ministre lui-même a remis en cause les actions des inspecteurs de l’environnement. Début 2024, c’était Gabriel Attal, puis est venu le tour de François Bayrou le 14 janvier 2025, à l’occasion de son discours de politique générale, allant jusqu’à qualifier, devant la représentation nationale, les contrôles des inspecteurs de l’environnement de « fautes » et d’« humiliation pour les agriculteurs ».

L’OFB et ses personnels sont cloués au pilori par des gouvernements qui sont incapables de répondre à la crise que vivent nombre d’agriculteurs. On ne compte plus les locaux saccagés, les insultes parfois nominatives, les menaces au moyen de tracteurs et même la mise en danger d’un agent par sabotage de son véhicule.

Pour satisfaire la FNSEA et la Coordination Rurale, le Premier Ministre jette en pâture les missions et métiers d’une partie des agents du Service Public de l’Environnement, pourtant définis et cadrés par la loi et la réglementation. Et pourtant, qui peut croire qu’une fois les agents de l’OFB désarmés, les agriculteurs verront leur situation et leur rémunération s’améliorer ?

Le premier ministre a dit aussi que « Ceux que l’on contrôle doivent avoir leur mot à dire sur les contrôles ». Pense-t-il la même chose de tous les types de contrôles de la loi et de tous les citoyens : code de la route, sécurité publique… ?

Les propos du premier ministre Bayrou sont inacceptables. Au lieu de renforcer et de soutenir les politiques indispensables à la sauvegarde de la Biodiversité, il remet en cause la nécessité pour l’État de contrôler la mise en œuvre des lois votées par le Parlement. De plus, la suppression de l’établissement est revendiquée par un syndicat agricole et par certains politiques.

Ces propos ne peuvent que renforcer notre détermination à défendre nos métiers, nos missions et les personnels qui les mettent en œuvre.