Rapport de la Cour des comptes : l’avis d’un dinosaure…
Un ancien rédacteur du Réveil Forestier, qui a quitté l’ONF pour l’éducation nationale (voir page 3 du Réveil n°464 de septembre 2022), nous a fait parvenir son commentaire.
Cette annonce d’un nouveau rapport de la formidable Cour des comptes n’a pas manqué d’évoquer de vieux souvenirs au dinosaure que je suis : le rapport précédent de 2014 ! Malgré le suspens torride inhérent à ce genre de papier, je suis allé directement aux recommandations principales, quintessence de la hauteur de vue que nous offre le paysage de leur ignorance (je fais poésie en ce moment avec mes CM1).
1 — Respecter les objectifs de volume : bien sûr ! Je crois que les chiffres annoncés ont été contredits assez rapidement même par la DG, mais peu importe, même les comptables peuvent avoir un avis péremptoire sur ce qu’on peut extraire des forêts (sans même parler des conditions d’exploitation)…
2 — Privilégier les recrutements de droit privé pour ce qui ne relève pas des missions de police : naturellement ! Enfin un objectif atteignable, et atteint ! Mais il n’y avait pas le mode opératoire pour scinder en deux les techniciens : œil gauche assermenté, œil droit privé ?
3 — Achever la mise en place de la comptabilité analytique : alpha et oméga de n’importe quel cabinet conseil. Comme ils n’ont jamais pensé à mesurer le travail non fait, ils peuvent s’en plaindre aujourd’hui !
4 — Réduire les dépenses de recherche : évident ! En 2014, pas de réchauffement en vue, on a des routines bien établies, on peut faire des aménagements à 40 ans.
5 — Céder les participations dans les filiales : bon ça ok, mais ça ne pesait pas lourd dans le budget.
Ce n’est pas parce que ces filous sortent aujourd’hui un rapport qui nous est semble-t-il plus favorable qu’il faut leur faire confiance !
Se permettre de donner des conseils dix ans après avoir recommandé de foncer dans le mur, c’est franchement osé. À mon humble avis, la Cour des comptes ne devrait pas avoir le droit de donner son avis sur la gestion de la forêt publique, qui est un sujet politique et pas financier.
Sauf peut-être sur 2-3 petits sujets à gratter : estimer la perte financière due à la politique des contrats d’approvisionnement, toujours (à mon époque !) en-dessous des prix du marché ; comparer le pouvoir d’achat de deux techniciens après dix ans d’ancienneté, en droit privé et fonctionnaire ; faire une revue des prélèvements du CAS Pension dans toutes les structures publiques affectées…