Parc immobilier bâti : vers un forestier déterritorialisé ?

Cet article a été publié en octobre 2023... plus que jamais d’actualité avec le nouveau plan immobilier (SPSI) qui se profile pour les 5 ans à venir !

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Des territoires qui se désertifient de leurs personnels forestiers et des domaines patrimoniaux en gestion qui se voient petit à petit vidés de leurs gestionnaires…


Deux itinéraires de réflexion

Face à la double pression de la suppression des postes et de la fermeture des maisons forestières, deux orientations s’affrontent.

Premier itinéraire (soutenu par la CGT-Forêt)

Lorsqu’un territoire de gestion est suffisamment conséquent, avec des enjeux clairement établis et des besoins de service finement analysés, il est impératif d’assurer une proximité géographique efficiente du personnel en charge des bois et forêts relevant du régime forestier. Moins de carburant dépensé pour se déplacer et aller au travail s’inscrit pleinement dans les objectifs de décarbonation de l’action publique de l’État. Il faut donc aller à rebours d’une spécialisation des postes, en faveur d’une gestion globale et polyvalente.

Deuxième itinéraire (non soutenu par la CGT-Forêt)

Poursuivre la commande de l’État (ou plutôt celle de Bercy) concernant le désendettement de l’établissement, en laissant la direction financière puiser dans le parc immobilier : la vente du patrimoine des maisons forestières produirait les ressources nécessaires pour combler le déficit. Ces biens deviennent alors un simple minerai, sans se soucier des répercussions financières ni de la qualité du service, qui se vide de son sens sur certains territoires.

Un patrimoine irremplaçable

Un regard dans le rétroviseur : à la fin du XIXe siècle, l’État, au travers de son Administration des Eaux et Forêts, a assuré ses objectifs de long terme en maillant le territoire de maisons forestières. L’obligation de résider sur place a conduit à la construction de milliers de maisons forestières.

L’héritage qui nous en a été transmis garantit un parc immobilier bâti à l’intérieur d’entités forestières. Par les lois successives protégeant ces espaces, cela ne pourrait plus être reproduit : un défrichement et une construction à l’intérieur ou au pied d’un massif forestier ne seraient plus possibles de nos jours. Les pertes sont sèches, sans retour et sans prospective des enjeux de demain.

Les demandes de la CGT-Forêt

Afin d’harmoniser les indemnités des personnels non logés, de garantir la qualité future du service public dans les territoires et d’assurer une gestion au plus près des forêts, la CGT-Forêt demande qu’une mission d’inspection conjointe (Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires — Ministère de l’Économie et des Finances) évalue :

  • les charges de location induites par la politique du SPSI (schéma pluriannuel de stratégie immobilière)
  • le rapport coût / bénéfice de la conservation, de l’entretien et de l’investissement du patrimoine en maisons forestières actuel
  • le bilan carbone des déplacements induits par des personnels obligés de se loger à grande distance de leur lieu de travail et/ou de leur bureau (en considérant notamment le prix des locations)
  • le risque routier des personnels

En attendant le rendu de cette mission, la CGT-Forêt revendique le gel de la mise en vente des maisons forestières connues des services pour leur bon état général et leur entretien minimal.