Une nouvelle présidence au conseil d’administration de l’ONF

Lecture 2 mn

Anne-Laure Cattelot nommée présidente du conseil d’administration de l’ONF

La nomination

L’arrêté du 13 juin 2025 portait nomination au conseil d’administration de l’ONF d’Anne-Laure Cattelot en qualité de « personnalité choisie en raison de sa compétence particulière dans les domaines professionnels, technique, scientifique, social, cynégétique ou de la protection de la nature », en remplacement de Myriam Legay (directrice d’AgroParisTech-Nancy).

Bien que se retrouvant ainsi tout en bas de la liste des 30 membres composant le CA, Anne-Laure Cattelot est choisie pour le présider : par décret du président de la République pris en Conseil des ministres le 19 juin 2025, sur rapport du Premier Ministre et de la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, elle est nommée présidente du conseil d’administration de l’ONF. Elle succède à Jean-Yves Caullet, dont le mandat arrivait à échéance.

Profil et questions sur les conflits d’intérêts

Diplômée de l’Institut d’études politiques de Lille, Anne-Laure Cattelot, conseillère municipale d’Avesnes-sur-Helpe, a été députée du Nord entre 2017 et 2022. Elle s’est vu confier deux missions par le Premier ministre Édouard Philippe, dont l’une sur l’avenir de la filière forêt-bois en janvier 2020.

Dans son rapport intitulé « La forêt et la filière bois à la croisée des chemins : l’arbre des possibles », elle formulait 19 recommandations pour permettre à la forêt française de traverser la « tempête silencieuse » du changement climatique tout en continuant à produire du bois pour décarboner l’économie. Elle proposait notamment de créer un fonds pour l’avenir des forêts, soulignant l’enjeu crucial du renouvellement forestier.

Sa nomination a suscité un débat dans le petit monde des affaires publiques, le media POLITICO parlant d’« une nomination qui surprend ». Sur LinkedIn, A.-L. Cattelot s’est déclarée « honorée de devenir Présidente de l’ONF, fière de défendre notre spécificité française »… avec « le plaisir de continuer ma vie personnelle chez ESL Rivington Paris et Bruxelles » — ce cabinet parisien de conseil en stratégies d’influence auprès des décideurs publics.

Cette activité de lobbying est remontée à la surface à l’occasion de sa nomination. Quid du risque de conflit d’intérêt ? « Tout a été vérifié par le Secrétariat général du gouvernement (SGG) et par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) », assure Anne-Laure Cattelot. Elle se « déporte » d’un client en particulier pour lequel elle effectuait du lobbying, soit la Fédération nationale du bois (FNB).

Pour POLITICO, « payé 20 000 euros brut par an, le poste de président de l’ONF a toujours été pensé comme une charge honorifique sans fonctions exécutives ».

200 000 fois le Stade de France !

Dans son rapport de 2020, Anne-Laure Cattelot écrivait : le défi qui se profile devant nous sur les trente prochaines années pour reconstituer, adapter ou boiser est celui d’une surface égale à 200 000 fois le Stade de France. Au-delà des régénérations naturelles, il nous faudra planter 70 millions d’arbres par an pendant 30 ans, soit un arbre par habitant !

Dans son rapport, elle écrit aussi : ce sont 70 000 ha de frênes, 140 000 ha d’épicéa et 150 000 ha de châtaigniers qu’il faudrait remplacer, soit 360 000 ha (45 000 fois le stade de France). On a fait le calcul : sa référence, c’est un stade de France de 8 hectares… et on a vérifié sur Google Earth, ça représente le terrain + les tribunes (avec plus de 80 000 places) !